Il est dans l’ère du temps de dire que l’on est spirituel sans adhérer à une religion.

C’est par exemple la position de Yuval Noah Harari, qui rejette les religions mais qui prône une spiritualité par la méditation. Ce point de vue est séduisant, et il considère que ce que l’on ressent est plus authentique, plus pur, voire même plus vrai qu’un système de dogme.

J’aimerais cependant montrer les limites, voire les dangers d’un tel raisonnement.

– Le premier risque est le repli sur soi. Si la spiritualité se résume à ce que je ressens à l’intérieur de moi, alors je perds l’aspect communautaire qui est induit par une même déclaration de foi. La communauté sert à se développer, à être encouragé, à être orienté ; et on perd cela avec une spiritualité purement ressentie.

– Un deuxième risque est d’avoir la grosse tête. La spiritualité sans religion peut amener à une auto-complaisance. L’individu devient son propre critère de vérité. Il se considère comme un récepteur privilégié de Dieu. Il pourrait facilement penser qu’il est le centre du monde ou bien alors se créer un monde centré sur lui. Affirmer qu’on est spirituel sans religion, c’est finalement affirmer qu’on en sait mieux que Bouddha, que Moïse, que Jésus ou que Mahomet.

– Un troisième risque à se déclarer plus spirituel que religieux est le faible impact sur la transformation personnelle. La recherche du bien-être plus que la remise en question peut prendre le dessus. C’est une posture qui limite l’engagement extérieur et la prise de position.

Outre les risques relationnels, j’aimerais parler des dangers qui se cachent derrière une spiritualité qui écarte les dogmes. Les personnes qui se déclarent spirituelles sans religion pensent qu’un monde spirituel existe.

Mais sont-elles conscientes que ce monde spirituel peur être dangereux et malveillant ?

La Bible nous parle du bien mais aussi des puissances mauvaises. Il y a des pièges et des embuches, des choses qui paraissent belles et lumineuses mais qui, finalement, sont destructrices. Vouloir s’aventurer seul dans le domaine spirituel, c’est faire preuve d’inconscience. Pour faire de la haute montagne, nous avons besoin d’un guide qui saura éviter les terrains glissants et les crevasses. Je connais plusieurs personnes qui ont voulu explorer le domaine spirituel à leur manière et qui se sont retrouvées dans des situations très effrayantes. Jésus se propose de nous guider vers Dieu le Père. Il a dit : « C’est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. On ne vient au Père qu’en passant par moi. ». Vous savez ce qui peut arriver quand on s’éloigne du guide en haute montagne ou dans le désert.

Enfin, j’aimerais montrer que cette position n’est pas forcément bien fondée d’un point de vue logique. Imaginons que Dieu existe. C’est en général ce que pensent les personnes qui sont spirituelles sans religion. Imaginons qu’Il ait tout créé y compris des milliards d’êtres humains.

A votre avis, s’Il s’est donné la peine de créer tout cela, serait-ce pour ne pas entrer en relation avec ces créatures ? Pourquoi aurait-Il créé des êtres spirituels sans se révéler à eux ?

Il y a de fortes chances que si un Dieu a créé tout ça, Il veuille entrer en relation avec ces créatures. Il s’est sans doute révélé à elles, et s’Il s’est révélé alors je dois suivre cette révélation pour le trouver, sinon, mes intuitions risquent de ne pas correspondre à qui Il est vraiment. Il se pose alors la question : « Quelle est la révélation qui vient de Dieu ? ». Il y a tellement de religions, comment choisir ?

Cela fera l’objet d’une prochaine vidéo.

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