Qui est Dieu ?

Notre façon de concevoir Dieu influence notre approche de la spiritualité. Si nous concevons Dieu comme une énergie ou une force, nous ne rechercherons pas une relation personnelle avec lui, puisqu’il n’est pas une personne. Nous aurons plutôt un rapport de manipulation magique, visant à cultiver cette énergie pour accroître notre bien-être. Mais dans le même temps, on s’en méfiera, car sa puissance qui nous dépasse pourrait nous être nuisible. Si nous concevons Dieu comme un être personnel et parfaitement bon, mais impuissant, alors nous recherchons une relation personnelle de confiance et de coopération avec lui. Mais dans le même temps, on se gardera de placer tous nos espoirs en lui car, étant impuissant, il ne pourra pas toujours nous venir en aide. Notre spiritualité dépend donc de notre façon de concevoir Dieu.

Le problème est qu’il existe plusieurs conceptions de Dieu, chaque religion défendant la sienne, et que ces conceptions sont contradictoires entre elles. Entre le panthéisme qui identifie Dieu à la réalité toute entière, l’animisme qui conçoit Dieu comme une force pénétrant toute chose, les polythéismes qui décrivent une pluralité de divinités personnelles et les monothéismes qui conçoivent un unique Dieu tout-puissant et créateur de l’univers, sans parler de la foi chrétienne au monothéisme si particulier affirmant un Dieu unique en trois personnes, les différences sont totalement inconciliables. Dans la mesure où ces descriptions sont contradictoires entre elles, elles ne peuvent pas être mutuellement vraies : une seule d’entre elles, tout au plus, peut être vraie.

Certains ont avancé l’idée selon laquelle ces contradictions ne seraient qu’apparentes. Toutes les religions seraient vraies selon la parcelle de vérité qu’elles détiendraient. Chacune connaîtrait un aspect particulier de la réalité divine. L’histoire de l’éléphant et des aveugles sert à illustrer cette idée. Six aveugles se retrouvent pour la première fois devant un éléphant et tentent de deviner ce qu’il est en touchant une des parties de son corps. Le premier lui touche un côté et conclut que c’est un mur. Le second lui attrape la trompe et conclut qu’il s’agit d’un serpent. Le troisième appréhende l’un de ses pieds et affirme que c’est un arbre. Le quatrième palpe une défense et y voit une lance. Le cinquième touche une oreille et pense à un éventail. Enfin, le sixième prend la queue et songe à une corde. Face à leurs désaccords, un témoin de la scène leur explique qu’ils ont tous raison mais qu’ils n’ont connaissance que d’une partie de la vérité. Il en serait de même en matière de religion.

Cependant, la morale de cette histoire est fausse. Car au final aucun aveugle n’a raison. Pour réconcilier les affirmations des aveugles, il a fallu les reléguer au rang d’apparences, on ne les prend pas au sérieux. Les contradictions ne sont pas réellement surmontées, en réalité une affirmation vient corriger toutes les autres. À la fin, il n’y a qu’une seule vérité authentique : l’éléphant est un éléphant. De la même manière, ce n’est pas en cherchant à concilier les différentes religions qu’on les prendra au sérieux et qu’on accèdera à la vérité.

Si l’on prend au sérieux les différentes descriptions de Dieu, comment savoir laquelle est vraie ? Puisque les religions se contredisent mutuellement, le mieux est de partir sur une base objective, à savoir les conditions nécessaires à l’existence et à la forme de l’univers. D’ailleurs, la Bible elle-même affirme qu’il est possible de connaître Dieu comme Créateur à travers l’observation de l’univers :

« Les perfections de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde, elles se comprennent par ce qu’il a fait » (Romains 1.20).

Le fait est que l’explication de l’univers exige au moins le Dieu des monothéismes, et plus précisément le Dieu révélé en Jésus-Christ.

L’existence de l’univers implique l’existence du Dieu des monothéismes. En effet, l’univers est contingent, ce qui signifie que d’un point de vue logique, il aurait pu ne pas exister ou exister différemment. L’explication de sa réalité ne réside donc pas en lui-même, puisqu’elle est aussi possible que les autres alternatives, mais en une cause extérieure et nécessaire, c’est-à-dire qui s’explique par elle-même. Cette cause doit être très puissante afin de créer un tel univers. Elle doit être également personnelle, car la présence d’alternatives implique l’existence d’une volonté capable de faire un choix pour sélectionner l’une d’entre elles. Elle doit être aussi infinie, car ce qui est nécessaire s’explique intégralement par soi-même, alors que la finitude s’explique par une limitation extérieure. Ces qualités de cause créatrice, personnelle, puissante et infinie permettent de reconnaître là le Dieu des monothéismes.

Cependant, en étudiant d’un peu plus près cette cause, nous découvrons le Dieu révélé en Jésus-Christ. Car si Dieu est nécessaire et infini, le motif de la création ne peut être ni le besoin, puisqu’il ne manque de rien, ni l’intérêt puisqu’il est infini. La création est donc le don gratuit de l’existence, ce qui est une preuve d’amour. Or si Dieu est amour, il doit être en lui-même plusieurs personnes, car l’amour est une relation entre plusieurs personnes : entre au moins une personne aimante et une personne aimée. Si Dieu est nécessaire, il se suffit à lui-même, ces personnes ne doivent pas être en dehors de lui, de telle sorte qu’il soit dépendant d’un autre que lui. Si Dieu est amour et autosuffisant, il doit être en lui-même plusieurs personnes en un même être. Or ce Dieu a été révélé en Jésus-Christ, pour qui Dieu est trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui forment une relation harmonieuse d’amour dans l’unité.

Jésus-Christ est celui qui nous a fait connaître le véritable Dieu. Si la qualité de notre spiritualité dépend de notre compréhension de Dieu, alors Jésus-Christ est celui qui nous a ouvert à une véritable spiritualité avec Dieu. Mais son message ne se limite pas à la compréhension de Dieu, il est venu nous apporter des précisions essentielles sur notre relation à Dieu. Voudriez-vous le connaître ce message ?

Alexis Masson